Un jour, alors que j’étais enfant, l’été, j’ai mangé des cerises sur un cerisier de mon village d’enfance.

Dans mon souvenir, je me vois sur la branche, près de l’école, en train de manger ces cerises.

Pourtant, je ne peux pas me voir sur la branche en même temps que je mange ces cerises sur la branche. Est-ce que je suis vraiment monté sur une branche, où est-ce que je suis resté au sol? Quel est mon âge? Est-ce que l’image de moi n’est pas celle d’une photographie que j’aime? étais-je vraiment seul ou mon imagination me représente seul, parce qu’aujourd’hui j’aime aller seul dans la nature?

Notre conscience ajoute et actualise constamment nos expériences, les modifie, les ajuste.

Mon cerveau recréé ainsi en temps réel le souvenir, le cerisier, l’image de moi enfant. Jusqu’au goût des cerises qui s’adapte au présent de ma conscience et de ma vie.

Lorsque je convoque un souvenir, il se charge de toutes les expériences que j’ai faite depuis que j’ai ce souvenir.

Ainsi le souvenir est toujours présent, toujours modifié, et se situe sur un autre plan que l’expérience passée.

Est-ce faux pour autant ? Non, car se souvenir est une expérience présente, totale.

Ainsi profiter d’autant plus de tous les plans des expériences présentes, en sachant que tout changera, toujours.